Le Voyage à Nantes

Groupe Démocratie et Progrès – Intervention d’André Augier 20 juin 2011

Dossier Politique touristique – Programme des actions nouvelles 2011

Monsieur le Président, chers collègues,

Le 10 décembre 2011 notre collectivité a décidé de regrouper les activités de la SEM Nantes Culture et Patrimoine avec l’Office du Tourisme et la Biennale Estuaire.

Nous avions apporté, notre soutien à la création de la SPL “Le voyage à Nantes”, mais en posant un certain nombre de conditions.

En effet, compte tenu du fait que Nantes Métropole, voyait à cette occasion sa participation dans cette Société, passer de 5% à 70%, ils nous paraissait légitime d’éviter toute dérive dans la gestion et les budgets de cette nouvelle structure.

Ainsi nous précisions que la triple greffe annoncée obligerait l’équipe dirigeante à faire preuve de beaucoup de diplomatie, en particulier vis à vis des grands équipements culturels, comme le Château des Ducs, qui a vu sa fréquentation en 2010 augmenter de 11%. Preuve que la large autonomie dont il avait bénéficié jusqu’alors, portait ses fruits.

Malheureusement, comme on pouvait le craindre, connaissant le profil du nouveau directeur, quelques mois ont suffit, pour que ce dernier se sépare brutalement de Marie Hélène Joly, la Directrice du Château, avec laquelle il ne s’entendait pas. Ceci, sans que les membres du Conseil d’Administration soient informés ou même consultés.

Curieux, alors qu’elle avait donné toute satisfaction depuis sa prise de fonction, curieux aussi, quand on connaît son parcours professionnel impeccable à l’Inspection des Musées de France. Le prétexte invoqué : “elle dirigeait mal son équipe”.

Mais prétexte insuffisant pour la renvoyer sans lui verser des compensations, sensées probablement éviter un conflit public avec elle.

Comme elle était dans son droit,  ces compensations sont tellement importantes, que lors de la dernière réunion de la Commission Attractivité, la personne qui a présenté le dossier a refusé  d’éclairer ses membres sur ce point.

Lors du Conseil d’Administration de la SPL qui s’est déroulé mardi dernier, aucun chiffrage précis ne nous a été communiqué, de toutes façons l’année prochaine nous en saurons plus, puisque c’est ce qui s’est passé  pour le Directeur de Nantes Culture et Patrimoine.

Avec le résultat que l’on connaît maintenant : la SPL présente dès sa première année d’activité  un déficit de 281 000 euros, correspondant à ce qu’il a fallu verser à Jean-Baptiste Desbois, pour éviter une suite judiciaire à son licenciement.

C’est quand même incroyable de créer une nouvelle structure et de commencer par renvoyer des personnes compétentes. Leur seul défaut n’est il pas de ne pas plaire au nouveau directeur ?

Mais attendons un peu, nous verrons bien si cet autoritarisme exacerbé sera plus payant pour la SPL, que les relations plus humaines qui prévalaient du temps l’Office du Tourisme et de Nantes Culture et Patrimoine.

Nous disions aussi, en décembre dernier, que cette SPL “deviendrait une structure très lourde, dont la gestion demandera beaucoup de rigueur”. Nous poursuivions : “ces paramètres laisseront peu de place à l’improvisation et aux approximations”.

Or, là encore, nos craintes n’étaient pas infondées.

Ainsi, lors de la première réunion du Conseil d’Administration de la SPL, la Présidente nous avait précisé qu’elle réunirait les administrateurs en avril, afin qu’ils se prononcent sur le budget 2011. En réalité, c’est seulement au cours de la réunion de la Commission Attractivité qui s’est tenue le 6 juin dernier, que l’on a présenté aux membres de cette commission un dossier intitulé “Programme d’actions nouvelles et Subvention pour 2011.

De fait, les membres du Conseil d’Administration du “Voyage à Nantes” ont dû attendre encore une semaine avant de découvrir, le jour même du Conseil d’Administration, sur table,  un document illisible, intitulé “Budget 2011”. On leur a d’ailleurs précisé qu’il ne sagissait que d’une approche générale, qui serait susceptible d’évoluer dans les mois qui viennent.

Cela se passe de tout commentaire !

Ceci étant, le Programme d’actions nouvelles 2011, comporte un certain nombre de bonnes idées, qui auraient d’ailleurs été susceptibles d’être  peut-être  améliorées, si un véritable débat pouvait s’organiser.

Malheureusement, on peut craindre que le passage tardif de ce dossier ne favorise pas une véritable réflexion collective sur les enjeux et les objectifs. Je dois dire que je n’ai pas eu l’impression que l’on ait eu plus ce désir là, lors du Conseil d’Administration fleuve qui s’est déroulé mardi dernier.

Enfin, le dernier point qui nous préoccupe, ce n’est pas tant cette augmentation très importante du montant de la participation de Nantes Métropole (avec la rallonge prévue pour Estuaire, il s’agit quand même d’environ 1 500 000 euros), que de savoir que cette contribution  demandée à nos concitoyens, ne soit pas l’objet d’une gestion rigoureuse.

Compte tenu de ce que je viens de dire précédemment, tout est possible.

La conduite à vue et l’opacité n’apportent jamais de bon résultats à long terme.

Ce serait quand même dommage, que le tourisme qui rapporte partout dans les grandes villes de France en vienne à coûter de l’argent aux contribuables de la Métropole.

Place Graslin à Nantes

PLACE GRASLIN,  DES AMENAGEMENTS URBAINS A SURVEILLER

Œuvre de Crucy demeurée quasiment intacte depuis sa construction, à la fin du XVIIIe siècle, elle mérite bien un traitement particulièrement respectueux de sa dimension patrimoniale. C’est pourquoi il faudrait s’appuyer entre autre, sur les représentations  anciennes dont nous disposons, pour procéder intelligemment à son réaménagement. D’ailleurs, puisque la Ville a décidé, à juste titre de desserrer l’étreinte de l’automobile sur ce site, rien ne s’oppose plus à le rétablir dans ses dimensions, patrimoniale, culturelle et conviviale, originelles.

Ceci étant, à Nantes tout est possible en matière d’aménagement des places historiques,  le meilleur comme le pire. Ainsi la place Sainte Croix, récemment rénovée et pourtant intacte, voisine avec des places ayant fait l’objet d’interventions hâtives et déplacées, nous pensons en particulier à la station bus way de la place du maréchal Foch et au parvis rudimentaire construit place Saint Pierre.

A l’heure où nous décidons de consentir des efforts renforcés pour développer le tourisme à Nantes, il est crucial de préserver l’authenticité de cet ensemble architectural. Les nantais, qui aiment leur ville doivent aussi être entendus.

Carré Feydeau

Carré Feydeau, ma position

Un certain nombre de nantais se sont déjà exprimés sur ce sujet, en particulier pour regretter que la création d’une zone verte à la place de l’ancien Neptune, ait été écartée trop vite. Je suis moi même intervenu à plusieurs reprise sur ce dossier, au Conseil Municipal, comme à la Communauté Urbaine, pour me féliciter de la disparition de l’ancien Neptune. Ce dernier en effet, ne répondait ni aux attentes que l’on pouvaient avoir sur le plan de la dynamique commerciale du secteur, ni aux exigences liées au patrimoine architectural environnant (Ile Feydeau et Château).

Les objectifs affichés de dynamiser le quartier et d’aménager l’espace situé entre Feydeau et le Château sont louables, mais qu’en est-il du projet lui-même ?

Les aménagements urbains prévus, sont critiquables sur plusieurs points :

Ils ne prennent pas suffisamment en compte le patrimoine vert existant du secteur, puisque le nombre des platanes qui oxygènent le quartier, passera de 166  à 105 sujets, soit une diminution de plus de 60 arbres anciens. Et ce ne sont pas les plantations de bosquets d’arbustes qui rétabliront l’équilibre. C’est une erreur de traiter les arbres comme du mobilier urbain que l’on supprime quand il ne plaît plus ou qu’il n’est plus à la mode.

On peut aussi regretter que la richesse archéologique du quartier n’ait pas été réellement prise en considération par les aménageurs. Pourquoi ne pas avoir cherché à valoriser les anciens quais de la Loire, qui constituent un patrimoine unique , véritable lien entre le Château, l’ïle Feydeau et la mémoire portuaire de Nantes.

Les aménagements urbains prévus sont dans la droite ligne de ce qui a été réalisé place Bretagne ou rue du Calvaire. A nouveau, une gigantesque esplanade minérale, sans âme, qui comme les précédentes risque de brider le développement de l’attractivité commerciale du site, plutôt que de la stimuler.

Enfin, si l’idée de donner la priorité aux piétons, aux vélos et aux transports en commun est bonne, il ne faut pas pour autant fragiliser à terme le tissu commercial existant dans le quartier. On y trouve des commerces qui font aussi partie de notre environnement culturel nantais. Il serait donc souhaitable que les aménagements programmés soient éventuellement modifiés pour répondre le mieux possible aux demandes des usagers et des commerçants.

L’immeuble proposé par le groupe Vinci, rappelle étonnement l’ancien Neptune, un sorte de copié collé remis au goût du jour. Une construction plutôt banale, qui ressemble aux nombreuses constructions déjà réalisées par ce promoteur dans l’agglomération nantaise. Il laisse l’impression d’un travail de bâtisseur, qui n’a pas vraiment compris la richesse du patrimoine de ce quartier, qui se situe, rappelons le,  au croisement statégique de la ville médiévale et de la ville XVIIIe siècle. C’est une occasion manquée pour Nantes.

Ce lieu emblématique, figure de proue de l’île Feydeau en direction du Château aurait mérité un véritable monument, porté par un grand nom de l’architecture contemporaine.

Les Cordeliers

Pour revenir sur l’affaire des Cordeliers

Il était grand temps d’arrêter le “massacre” qui était en cours au couvent des Cordeliers à Nantes.

On ne peut que se féliciter que des nantais, regroupés au sein d’une association de défense du patrimoine aient été à l’origine du sauvetage in extremis de ce grand couvent mendiant.

Ils compensent ainsi les défaillances évidentes constatées sur ce dossier depuis 2008.

Pourquoi la Direction du Patrimoine n’a telle pas fait son travail jusqu’à ce jour ?

Pourquoi l’Architecte des Bâtiments de France a-t-il réagi si tardivement ?

Autant de questions sans réponses qui interpellent tous les élus et toutes les personnes qualifiées qui exercent leurs compétences dans les domaines du patrimoine.

C’est une très bonne nouvelle pour la Ville, que cet intérêt renforcé de nos concitoyens vis à vis de leur patrimoine. C’est semble-t-il le principal rempart qui existe pour protéger l’identité architecturale et environnementale nantaise.

En effet, le combat mené par ces onze experts, n’est pas isolé, récemment vous repreniez dans vos colonnes les critiques émises par les associations qui se sont élevés contre la disparition programmée du jardin des Petites Sœurs des Pauvres situé avenue Russeil. On se souvient aussi que c’est une association qui a contribué à améliorer le projet de rénovation du musée Dobrée.

Ceci étant, cette affaire des Cordeliers, qui fait suite à celle de l’îlot Lambert, et à celle du curetage du presbytère Sainte-Croix interpellent la Ville sur une approche et des méthodes de travail, qui ne semblent pas s’être notablement améliorées depuis la création de la Direction du Patrimoine et de l’Archéologie en 2008.

D’ailleurs le permis de construire délivré prématurément pour les Cordeliers nous apporte la preuve qu’il faut modifier  le fonctionnement de ce service, qui est loin de répondre aux attentes légitimes des nantais.