BRAVO AU FESTIVAL DES 3 CONTINENTS !

C’est à une véritable renaissance du Festival des 3 continents à laquelle on assiste et c’est tant mieux pour Nantes et les cinéphiles nantais.
Ce festival que l’on a cru moribond, il y quelques années a repris un air de jeunesse.
Il était évident hier soir, que l’équipe qui le dirige a réussi à gagner son pari de relancer sur des bases saines cette association qui œuvre depuis trente cinq ans au service des cinémas du monde.
Bénévolat, militantisme et sobriété ont certainement beaucoup  contribué à ce succès.

Le sublime film  Indien  “The Lunchbox” de Ritesh Batra qui nous était proposé en avant première dans la salle comble du Grand T était irrésistible.

Plus d’une heure et demie de vrai bonheur: subtilité, sensibilité, délicatesse des sentiments, associées à des acteurs aux comportements plein de noblesse dans leurs gestes.
Comment ne pas tomber sous le charme des dialogues, si simples, si vrais, dénués de toute emphase ?
Curieusement aussi, ce film qui n’est jamais agressif, sait pourtant être critique “en creux”, ainsi les dérives dangereuses liées au développement de la société de consommation n’apparaissent qu’en contraste aux valeurs traditionnelles Indiennes.
La tristesse de l’isolement des gens dans les grandes villes, en l’occurence Bombay, nous émeut au plus haut point, comme si c’était ce qu’il faut absolument éviter dans la vie.
D’un autre côté, le sens de l’humour utilisé à bon escient distribue tout au long de la projection une fraîcheur, somme toute assez rare dans ce genre de film.

Le thème de l’histoire d’amour, qui pourrait être banal, prend une dimension exceptionnelle du fait qu’il se développe grâce à la “Lunchbox”, dont on suit le parcours, comme s’il s’agissait du plus grand suspens jamais vécu.
Enfin, le contenu, qui semble exquis, des fameuses boites (à messages, aussi !), semble venir jusqu’au spectateur, qui n’a plus qu’une idée, goûter aux délices de la cuisine Indienne traditionnelle et en oublier son Iphone !

JOEL OLIVIER

AU CINEMATOGRAPHE SAMEDI 22 OCTOBRE 2011
HOMMAGE A JOEL OLIVIER, DECEDE EN JANVIER 2011

 

Joël, que j’avais rencontré à Nantes, alors qu’il exerçait ses fonctions à la Direction des Affaires Culturelles de la Ville, était devenu un ami. Et l’est demeuré jusqu’à la fin.

Nous aimions échanger sur les grands sujets culturels du moment. Il était passionné par tout ce qui y touchait de près ou de loin.

Homme d’une grande honnêteté dans son travail, il exigeait une éthique impeccable dans la conduite des dossiers dont il avait la charge. Ce qui, il faut le reconnaître, ne lui a pas toujours facilité la vie.

Passionné par le cinéma en général, par les films d’art et d’essai en particulier, il avait trouvé les mots justes pour m’engager à apporter tout mon soutien au Festival du Cinéma Espagnol et au Cinématographe.

Cette salle emblématique, où vous vous trouvez réunis ce soir a vu son existence menacée à plusieurs reprises, il fallait la sauver, pour le cinéma, pour les nantais, pour ce quartier. Il a mis toute son énergie au service de cette cause et réussi à convaincre les décideurs de l’intérêt qu’il y avait à préserver cette chapelle du grand écran.

Au Conseil Municipal, j’ai plaidé autant que faire se peut, pour le maintien des activités du cinématographe, avec à l’appui, des arguments qu’il m’avait suggéré d’employer.
Appel entendu à cent pour cent par la Municipalité qui a décidé à l’unanimité de donner les moyens financiers nécessaires au fonctionnement du Cinématographe.

La leçon que nous a donnée Joël sur la gestion de ce dossier, c’est qu’il ne faut jamais se décourager, lorsqu’une cause est juste et bénéfique pour tous.