AU MOINS LES FAÇADES DE CRUCY SONT INTACTES !

Deux images du projet parues dans la Presse.

Comme pour le cours des 50 Otages, la place Bretagne et la place Royale, le nouvel aménagement de la place Graslin dévoilé depuis peu aux Nantais, est sans aucun doute appelé à un grand succès populaire.

Si l’architecte, Monsieur Yves Steff, n’a rien renié de son grand style minéral, il apparait ici presque « échevelé » : sans surprise la suppression du trafic automobile, plus étonnant en revanche l’installation de jeux d’eau et de luminaires rococo. Que ceux qui redoutent l’irruption d’une fontaine de Trevi ruisselante et géniale au pied des marches du théâtre  se rassurent : l’inspiration est « Années 60″ pour le bassin et « Belle Epoque » pour les luminaires (le lustre 1900 de la salle de spectacle!). Un compromis bien nantais donc …

Une fois de plus, Nantes s’affranchit avec désinvolture de tout ce qui, face au patrimoine, dans d’autres villes probablement plus timorées (Rennes, Bordeaux, Salamanque, Rome, etc…), bride et contraint : la préservation maniaque et la restauration méticuleuse de tout ce qui est d’origine, la référence constante à l’Histoire aidée par l’archéologie pour tout ce qui a disparu, et enfin la prise en compte impérieuse de la ville latine, de son pouls, de ses flux, de ses fièvres.

Après ce nouvel opus et pour terminer le « relookage » de Nantes, il restera une dernière place à traiter : la place St-Pierre. Gageons que ce sera pour Monsieur Steff un point d’orgue magistral !

Envoyez-nous vos projets de la place Graslin : nous les publierons sur la page du blog.

Carré Feydeau

Carré Feydeau, ma position

Un certain nombre de nantais se sont déjà exprimés sur ce sujet, en particulier pour regretter que la création d’une zone verte à la place de l’ancien Neptune, ait été écartée trop vite. Je suis moi même intervenu à plusieurs reprise sur ce dossier, au Conseil Municipal, comme à la Communauté Urbaine, pour me féliciter de la disparition de l’ancien Neptune. Ce dernier en effet, ne répondait ni aux attentes que l’on pouvaient avoir sur le plan de la dynamique commerciale du secteur, ni aux exigences liées au patrimoine architectural environnant (Ile Feydeau et Château).

Les objectifs affichés de dynamiser le quartier et d’aménager l’espace situé entre Feydeau et le Château sont louables, mais qu’en est-il du projet lui-même ?

Les aménagements urbains prévus, sont critiquables sur plusieurs points :

Ils ne prennent pas suffisamment en compte le patrimoine vert existant du secteur, puisque le nombre des platanes qui oxygènent le quartier, passera de 166  à 105 sujets, soit une diminution de plus de 60 arbres anciens. Et ce ne sont pas les plantations de bosquets d’arbustes qui rétabliront l’équilibre. C’est une erreur de traiter les arbres comme du mobilier urbain que l’on supprime quand il ne plaît plus ou qu’il n’est plus à la mode.

On peut aussi regretter que la richesse archéologique du quartier n’ait pas été réellement prise en considération par les aménageurs. Pourquoi ne pas avoir cherché à valoriser les anciens quais de la Loire, qui constituent un patrimoine unique , véritable lien entre le Château, l’ïle Feydeau et la mémoire portuaire de Nantes.

Les aménagements urbains prévus sont dans la droite ligne de ce qui a été réalisé place Bretagne ou rue du Calvaire. A nouveau, une gigantesque esplanade minérale, sans âme, qui comme les précédentes risque de brider le développement de l’attractivité commerciale du site, plutôt que de la stimuler.

Enfin, si l’idée de donner la priorité aux piétons, aux vélos et aux transports en commun est bonne, il ne faut pas pour autant fragiliser à terme le tissu commercial existant dans le quartier. On y trouve des commerces qui font aussi partie de notre environnement culturel nantais. Il serait donc souhaitable que les aménagements programmés soient éventuellement modifiés pour répondre le mieux possible aux demandes des usagers et des commerçants.

L’immeuble proposé par le groupe Vinci, rappelle étonnement l’ancien Neptune, un sorte de copié collé remis au goût du jour. Une construction plutôt banale, qui ressemble aux nombreuses constructions déjà réalisées par ce promoteur dans l’agglomération nantaise. Il laisse l’impression d’un travail de bâtisseur, qui n’a pas vraiment compris la richesse du patrimoine de ce quartier, qui se situe, rappelons le,  au croisement statégique de la ville médiévale et de la ville XVIIIe siècle. C’est une occasion manquée pour Nantes.

Ce lieu emblématique, figure de proue de l’île Feydeau en direction du Château aurait mérité un véritable monument, porté par un grand nom de l’architecture contemporaine.