Délégation de Service Public pour la gestion et la mise en œuvre de la politique touristique.

Groupe Démocratie et Progrès – Intervention d’André Augier 9 décembre 2011

Monsieur le Président, chers collègues,

Ce dossier qui vise à la prolongation de la DSP pour la gestion et la mise en œuvre de la politique touristique de Nantes Métropole, découle comme vous nous le dites, du report de la biennale Estuaire, dénommée aussi “Voyage à Nantes 2012”.

Dans des circonstances normales, cette délégation et l’avenant qui s’y rapporte, ne feraient probablement pas débat.
Mais je souhaite attirer votre attention sur plusieurs points qui nous obligent à exercer une vigilance renforcée sur les tenants et aboutissants de cette proposition.

Tout d’abord, les récentes mises en garde émises par la Chambre Régionale des Comptes, sur la gestion des précédentes biennales par l’actuel directeur du “Voyage à Nantes”, par ailleurs à l’origine de ces événements, ne peuvent être prises à la légère par notre collectivité.

Ensuite, le coût très important de cette manifestation pour le contribuable, ne peut être déconnecté de l’environnement économique extrêmement inquiétant qui nous assaille chaque jour un peu plus.
D’ailleurs, le nombre croissant de nos concitoyens qui sont fragilisés par cette crise, nous impose d’éviter tout dérapage, dans la conduite de nos politiques, quel quelles soient.
La culture et le tourisme, ne peuvent se soustraire à cette règle générale, sous peine d’être montrés du doigts par tous ceux qui n’ont plus de moyens décents de subsistance.

Malheureusement, le dernier Conseil d’Administration de la SPL “Le Voyage à Nantes” est loin de nous avoir rassuré.
A six mois de la prochaine biennale le Directeur de cette structure, est encore dans l’incapacité de nous présenter un programme définitivement bouclé, il évoque aussi d’ultimes arbitrages budgétaires, alors que son enveloppe budgétaire est fixée depuis longtemps.
Les recettes sont connues, globalement, par contre il semble que le coût des œuvres et des différentes manifestations n’est pas encore  établi avec précision.

Cette situation est paradoxale, car souvenez vous, cette biennale aurait dû se dérouler en 2011, elle a été reportée pour permettre la réalisation d’un événement de grande ampleur dans des conditions optimum de préparation. Je vous rappelle aussi, que ce retard a entraîné un surcoût très important pour notre collectivité.

Enfin, ce qui est inquiétant dans cette situation, c’est que tous les organisateurs d’événements de ce type, vous diront que normalement toute la programmation devrait être bouclée au moins un an avant sa réalisation. Ceci, afin de permettre de peaufiner les détails pratiques afférents à tout ce qui s’adresse à un très large public.
D’ailleurs on ne peut s’empêcher de considérer qu’il y a beaucoup d’amateurisme, dans la démarche de notre fameux directeur, car enfin, programmer deux fois le même artiste sur deux lieux différents, à l’occasion d’un même événement, cela ne fait pas très sérieux.

Intervention reprise dans Ouest-France du samedi 10 décembre.

NANTES, CULTURE, PATRIMOINE, TOURISME : ATTENTION DANGER !

Malgré nos mises en garde successives, les “dérapages” s’accumulent.

Une gestion autoritaire, opaque et peu respectueuse de la légitime autonomie des acteurs culturels locaux, commence à mettre en péril le bon fonctionnement de ce qui était considéré, comme notre image de marque.

Carnaval annulé à la dernière minute.

Directeurs de grandes institutions culturelles, ayant apporté la preuve de leurs compétences renvoyés brutalement.

Le premier, Jean-Baptiste Desbois, à Nantes Culture et Patrimoine, parce que le maire avait décidé de donner son poste à l’un de ses proches dont la gestion au CRDC et à la biennale Estuaire vient pourtant d’tre « épinglée » par la Chambre régionale des comptes (baisse de fréquentation, dépassement colossal de budget).

La seconde, Marie-Hélène Joly au Château des Ducs de Bretagne, pour avoir déplue à ce même nouveau directeur.

Et ce n’est pas tout ! L’EPCC de l’Ecole des Beaux-Arts a vu ses premiers statuts annulés par un jugement du Tribunal Administratif (25 novembre 2010).

Quand à Angers Nantes Opéra, c’est son mode de financement, insuffisant, qui est “épinglé” par la Cour la Chambre régionale des comptes (27 janvier 2011).

Comme ce sont en définitive les Nantais, qui seront pénalisés par ces erreurs de gestion, nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir pour y mettre un terme.

(paru dans la tribune du Groupe Centre Démocrate du Conseil municipal à la page « L’EXPRESSION DES OPPOSITIONS » de « NANTES PASSION » n°217 octobre 2011)