La densification urbaine ne doit pas se faire contre les nantais mais avec eux.

Saint Joseph de Porterie, site de l’Ecole d’Architecture, quartier Russeil, Carré Feydeau,  Cordeliers, partout, la Mairie décide brutalement d’imposer une densification urbaine à marche forcée.

Les habitants des rues, des quartiers concernés, sont placés devant le fait accompli.
Perte d’identité, baisse de la qualité de vie, atteinte à l’environnement, sont devenus le lot commun de nos concitoyens.

On peut s’interroger sur les motifs qui poussent la Mairie, à distribuer aussi facilement des permis de construire aux nouveaux grands capitalistes que sont Vinci, Marignan et quelques autre grands promoteurs.

Les élus de la majorité municipale, voudraient nous faire croire que cette densification urbaine débridée est inéluctable, ce n’est pas vrai, promenez vous à Angers, Bordeaux et dans tant d’autres grandes villes françaises, vous pourrez constater qu’il n’en est rien.

Au fond, on a le sentiment que cette politique vise aussi à remplacer les habitants attachés à leur quartier par des nouveaux venus, qui seront peut-être plus sensibles aux effets du “rouleau compresseur médiatique” de la Ville et pèseront ainsi, un peu plus encore, lors des prochaines échéances électorales.

Tous mes encouragements vont donc en direction des associations qui œuvrent contre cette politique de la “consommation immédiate” suivie par la Mairie.                       Protéger son quartier, sa rue, son jardin public, c’est tout simplement faire preuve de civisme.

Carré Feydeau

Carré Feydeau, ma position

Un certain nombre de nantais se sont déjà exprimés sur ce sujet, en particulier pour regretter que la création d’une zone verte à la place de l’ancien Neptune, ait été écartée trop vite. Je suis moi même intervenu à plusieurs reprise sur ce dossier, au Conseil Municipal, comme à la Communauté Urbaine, pour me féliciter de la disparition de l’ancien Neptune. Ce dernier en effet, ne répondait ni aux attentes que l’on pouvaient avoir sur le plan de la dynamique commerciale du secteur, ni aux exigences liées au patrimoine architectural environnant (Ile Feydeau et Château).

Les objectifs affichés de dynamiser le quartier et d’aménager l’espace situé entre Feydeau et le Château sont louables, mais qu’en est-il du projet lui-même ?

Les aménagements urbains prévus, sont critiquables sur plusieurs points :

Ils ne prennent pas suffisamment en compte le patrimoine vert existant du secteur, puisque le nombre des platanes qui oxygènent le quartier, passera de 166  à 105 sujets, soit une diminution de plus de 60 arbres anciens. Et ce ne sont pas les plantations de bosquets d’arbustes qui rétabliront l’équilibre. C’est une erreur de traiter les arbres comme du mobilier urbain que l’on supprime quand il ne plaît plus ou qu’il n’est plus à la mode.

On peut aussi regretter que la richesse archéologique du quartier n’ait pas été réellement prise en considération par les aménageurs. Pourquoi ne pas avoir cherché à valoriser les anciens quais de la Loire, qui constituent un patrimoine unique , véritable lien entre le Château, l’ïle Feydeau et la mémoire portuaire de Nantes.

Les aménagements urbains prévus sont dans la droite ligne de ce qui a été réalisé place Bretagne ou rue du Calvaire. A nouveau, une gigantesque esplanade minérale, sans âme, qui comme les précédentes risque de brider le développement de l’attractivité commerciale du site, plutôt que de la stimuler.

Enfin, si l’idée de donner la priorité aux piétons, aux vélos et aux transports en commun est bonne, il ne faut pas pour autant fragiliser à terme le tissu commercial existant dans le quartier. On y trouve des commerces qui font aussi partie de notre environnement culturel nantais. Il serait donc souhaitable que les aménagements programmés soient éventuellement modifiés pour répondre le mieux possible aux demandes des usagers et des commerçants.

L’immeuble proposé par le groupe Vinci, rappelle étonnement l’ancien Neptune, un sorte de copié collé remis au goût du jour. Une construction plutôt banale, qui ressemble aux nombreuses constructions déjà réalisées par ce promoteur dans l’agglomération nantaise. Il laisse l’impression d’un travail de bâtisseur, qui n’a pas vraiment compris la richesse du patrimoine de ce quartier, qui se situe, rappelons le,  au croisement statégique de la ville médiévale et de la ville XVIIIe siècle. C’est une occasion manquée pour Nantes.

Ce lieu emblématique, figure de proue de l’île Feydeau en direction du Château aurait mérité un véritable monument, porté par un grand nom de l’architecture contemporaine.