DOSSIER MUSEE D’ARTS DE NANTES

Ce dossier nous apporte plusieurs informations très importantes, :
- La réouverture se fera en deux temps, 2016 pour la partie neuve, 2018 pour la Palais des Arts.
- Le coût de l’opération, qui s’élèvera à 82,1 millions d’euros.
- On apprend aussi que la Ville va recourir à un appel d’offres pour la passation d’un marché de travaux unique.

Lorsque l’on se souvient que lors du lancement de cette opération, l’ouverture de l’extension était prévue pour le début de l’année prochaine, on mesure l’ampleur des erreurs d’appréciation commises dès l’origine.
Le choix politique de cacher aux élus et aux contribuables la deuxième phase du projet de réhabilitation illustre la légèreté avec laquelle ce dossier capital pour Nantes à été traité. On pourrait même dire instrumentalisé.
On découvre aujourd’hui qu’il est beaucoup plus intelligent de lancer un appel d’offres européen pour la passation d’un marché unique, pour la direction de ces travaux.
Si c’était la bonne solution pour éviter les mauvaises surprises, pourquoi ne pas nous en avoir parlé précédemment !
Vous semblez découvrir seulement maintenant la complexité de cette opération, là encore l’approche politique semble avoir contribué à vous aveugler.
Il était évident qu’un projet de cette ampleur était porteur de mille complications.

En commission on nous a assuré que cet appel d’offre nous garantirait que le coût de l’opération ne dépasserait pas 82,1 millions d’euros.
Je me demande, à ce propos, si le coût d’acquisition du 104 rue Gambetta (1 682 000 euros), est inclus dans ce montant.
En commission finances, on nous a précisé qu’il n’était pas certain que ces locaux servent à y installer l’administration du Musée, or vous nous aviez pourtant déclaré  lors d’un précèdent Conseil, que celle ci serait située rue Gambetta.
La même information a été communiquée à la Société des amis du Musée des Beaux Arts, qui indique dans sa Lettre aux Amis du 3 è trimestre : “Les bureaux de la conservation seront positionnés en 2015 au rez-de-chaussé du nouvel immeuble de la rue Gambetta”
Si ce n’est pas au 104, où est-ce ?
Et quoiqu’il en soit, les travaux d’aménagement des locaux administratifs sont-ils eux aussi inclus dans ces 82,1 millions ?
Je ne comprend pas pourquoi cet aspect du dossier n’est pas déjà finalisé.
En tous les cas vous offrez ainsi à vos détracteur une nouvelle raison de s’élever contre ce projet si crucial pour Nantes. Pourquoi créer une suspicion supplémentaire sur un dossier si mal engagé par votre faute ?

Extension du Musée des Beaux-Arts

Intervention au Conseil Municipal de Nantes du 7 décembre 2012

Monsieur le maire, chers collègues,

Le dossier que vous nous demandez d’approuver aujourd’hui nous interpelle, surtout ceux, qui comme moi, ont apporté leur soutien au projet d’extension du musée vers la Chapelle de l’Oratoire.
Vous vous souvenez des demandes que j’avais formulées lors du précédent mandat, afin que vous saisissiez l’opportunité que présentait la mise en vente du Garage Louis XVI.

Ayant été entendu, je me considère donc, comme engagé à vos côtés dans cette opération.
D’ailleurs, c’est à l’unanimité que la première phase du projet a été votée.
Le problème, c’est que vous n’avez pas eu le courage dès le départ, de nous présenter l’ensemble du projet comme un tout indissociable.
C’était une erreur, d’autant plus impardonnable qu’il était évident, pour toute personne qui passait dans la rue Georges Clemenceau, que ce palais avait besoin d’une réhabilitation. Il y a des années, qu’un ravalement des façades était évoqué par les directeurs et directrices successifs de cet établissement.

Aujourd’hui, nous découvrons, en même temps que les nantais,  l’étendue de la dérive financière et du naufrage culturel que vont représenter les sept années d’affilée de fermeture de cet établissement phare.

Tout cela c’est de votre faute, car contrairement à ce que vous prétendez dans ce dossier, page 2, vous saviez dès juin 2009, qu’il existait une nappe phréatique située exactement sous le musée des Beaux-Arts. En effet, à cette date, vous aviez connaissance du rapport de la BRGM sur les eaux souterraines de Nantes Métropole, qui est sans appel. Reportez vous au document et aux cartes qui l’accompagnent, tout est clair et net.
Pourquoi n’en avez vous pas tenu compte ?
Probablement parce que vous n’aviez en tête que l’échéance de 2014, il vous fallait avancer coûte que coûte et contre toute logique.

Vous portez bien sûr toute la responsabilité de cette erreur de gestion désastreuse, aussi bien vis à vis du public, privé de son musée, pendant sept ans par votre faute, que vis à vis des contribuables nantais qui vont devoir régler la facture. C’est le système de la double peine qui s’appliquera pour eux.
Je ne parlerai même pas de l’actuelle directrice du musée, qui avait fait des merveilles à Nancy et dont le travail n’a pas dû être facilité par un ordre des priorités  plus politiques que culturelles.

Comme eux, nous sommes pris en otages, surtout nous qui aimons ce musée, car s’opposer à ce projet serait encore pire. Nous ne pouvons même pas nous permettre de vous demander de remettre ce projet à plat, ce serait encore plus de temps perdu.

De plus, sept ans c’est tellement long, que je me demande si ce que vous intitulez “renforcement de la programmation hors les murs” est suffisante pour sauver ce qui peut l’être de la dynamique “Musée des Beaux-Arts”.
L’itinérance, pour une grande collection, ce n’est pas forcément la meilleure solution.

Pourquoi  n’avez vous pas voulu réfléchir à un lieu d’accueil provisoire?
Je ne peux pour ma part, m’empêcher de penser au Château des Ducs de Bretagne, dont la programmation d’expositions temporaires ne suffit pas à attirer un public exigeant sur la qualité des collections.
Situé à deux pas du Musée des Beaux Arts, dépendant lui aussi de la Ville, venant d’être réhabilité, il aurait pu s’ouvrir sur un autre public, tout en favorisant une mutualisation des moyens.

Quelques mots enfin,  sur le nouveau projet qui nous est soumis aujourd’hui.      L’extension prévue est suffisamment importante, pour que l’on se pose des questions sur la future installation de l’administration du Musée, sur ce point le dossier est encore assez flou : “relogement à proximité immédiate du site sont à l’étude”.
Cela risque de poser pas mal de problèmes à l’usage, l’âme d’un musée est aussi constituée par ceux qui le dirigent, l’éloignement physique ce n’est jamais bon.

Pour ce qui concerne le surcoût annoncé, de dix millions d’euros supplémentaires, on ne peut même pas être sûr qu’il ne sera pas dépassé. Lorsque j’ai demandé, en commission s’il y avait un risque pour que de nouveaux dérapages se produisent, personne ne s’est vraiment engagé à m’apporter de réelles garanties sur ce point.
D’ailleurs, la faute majeure, qui a consisté à ignorer le rapport de la BRGM , vous discrédite totalement sur la gestion de ce dossier.

http://www.presseocean.fr/actualite/nantes-musee-des-beaux-arts-la-copie-a-retravailler-18-09-2012-47499

LE VRAI BILAN DU VOYAGE A NANTES

Le bilan dressé hier,  par le directeur du Voyage à Nantes, sur l’événement touristico-culturel de cet été m’amène à faire un certain nombre de commentaires.

L’événement Le Voyage à Nantes, qui devait se dérouler jusqu’au début septembre et qui avait été inopinément amputé de deux semaines, était jumelé cet été avec la biennale d’art contemporain elle même reportée d’un an par son organisateur.
Le coût global de ces événements, lui n’a pas été réduit, bien au contraire, puisqu’il s’élève à 16 millions d’euros.

Pour quel résultat ?
Le commerce de centre-ville, qui devrait être le premier bénéficiaire de cette stratégie touristique, a baissé.
Pire, entre le 20 juillet et le 17 août, les hôtels nantais ont vu leur taux de remplissage s’effondrer.

Cela n’empêche pas le directeur du Voyage à Nantes de se féliciter des résultats de sa politique touristique, en s’appuyant, comme d’habitude sur des extrapolations n’ayant rien à voir avec la réalité économique. Est-ce d’ailleurs sa priorité ?

Les réactions des commerçants et des hôteliers nantais prouvent qu’ils n’ont pas été réellement associés dans la préparation de ces événements, alors que la concertation avec ces professionnels aurait dû constituer le fer de lance de la politique touristique de la Ville.

De plus, il est inadmissible, que ces événements aient été organisés au moment même où la Ville se lançait dans une frénésie de travaux d’aménagements urbains.
En conséquence de quoi, le centre-ville est devenu inaccessible pendant la période où justement, tout aurait dû être fait pour accueillir nos visiteurs.
La fermeture des deux grands musées nantais (Beaux Arts et Dobrée), n’a probablement rien arrangé.

Au fond, ces mauvais résultats, prouvent que la politique touristique conduite par la Majorité Municipale n’est pas adaptée aux objectifs  de croissance affichés.
Il faut la remettre à plat, et élaborer une stratégie à long terme, fondée sur la concertation avec tous ceux qui en vivent.
En période de crise, la culture du résultat doit l’emporter sur celle de l’image.

Communiqué publié le 25 octobre 2012 dans Ouest-France et Presse-Océan