LE VRAI BILAN DU VOYAGE A NANTES

Le bilan dressé hier,  par le directeur du Voyage à Nantes, sur l’événement touristico-culturel de cet été m’amène à faire un certain nombre de commentaires.

L’événement Le Voyage à Nantes, qui devait se dérouler jusqu’au début septembre et qui avait été inopinément amputé de deux semaines, était jumelé cet été avec la biennale d’art contemporain elle même reportée d’un an par son organisateur.
Le coût global de ces événements, lui n’a pas été réduit, bien au contraire, puisqu’il s’élève à 16 millions d’euros.

Pour quel résultat ?
Le commerce de centre-ville, qui devrait être le premier bénéficiaire de cette stratégie touristique, a baissé.
Pire, entre le 20 juillet et le 17 août, les hôtels nantais ont vu leur taux de remplissage s’effondrer.

Cela n’empêche pas le directeur du Voyage à Nantes de se féliciter des résultats de sa politique touristique, en s’appuyant, comme d’habitude sur des extrapolations n’ayant rien à voir avec la réalité économique. Est-ce d’ailleurs sa priorité ?

Les réactions des commerçants et des hôteliers nantais prouvent qu’ils n’ont pas été réellement associés dans la préparation de ces événements, alors que la concertation avec ces professionnels aurait dû constituer le fer de lance de la politique touristique de la Ville.

De plus, il est inadmissible, que ces événements aient été organisés au moment même où la Ville se lançait dans une frénésie de travaux d’aménagements urbains.
En conséquence de quoi, le centre-ville est devenu inaccessible pendant la période où justement, tout aurait dû être fait pour accueillir nos visiteurs.
La fermeture des deux grands musées nantais (Beaux Arts et Dobrée), n’a probablement rien arrangé.

Au fond, ces mauvais résultats, prouvent que la politique touristique conduite par la Majorité Municipale n’est pas adaptée aux objectifs  de croissance affichés.
Il faut la remettre à plat, et élaborer une stratégie à long terme, fondée sur la concertation avec tous ceux qui en vivent.
En période de crise, la culture du résultat doit l’emporter sur celle de l’image.

Communiqué publié le 25 octobre 2012 dans Ouest-France et Presse-Océan

Délégation de Service Public pour la gestion et la mise en œuvre de la politique touristique.

Groupe Démocratie et Progrès – Intervention d’André Augier 9 décembre 2011

Monsieur le Président, chers collègues,

Ce dossier qui vise à la prolongation de la DSP pour la gestion et la mise en œuvre de la politique touristique de Nantes Métropole, découle comme vous nous le dites, du report de la biennale Estuaire, dénommée aussi “Voyage à Nantes 2012”.

Dans des circonstances normales, cette délégation et l’avenant qui s’y rapporte, ne feraient probablement pas débat.
Mais je souhaite attirer votre attention sur plusieurs points qui nous obligent à exercer une vigilance renforcée sur les tenants et aboutissants de cette proposition.

Tout d’abord, les récentes mises en garde émises par la Chambre Régionale des Comptes, sur la gestion des précédentes biennales par l’actuel directeur du “Voyage à Nantes”, par ailleurs à l’origine de ces événements, ne peuvent être prises à la légère par notre collectivité.

Ensuite, le coût très important de cette manifestation pour le contribuable, ne peut être déconnecté de l’environnement économique extrêmement inquiétant qui nous assaille chaque jour un peu plus.
D’ailleurs, le nombre croissant de nos concitoyens qui sont fragilisés par cette crise, nous impose d’éviter tout dérapage, dans la conduite de nos politiques, quel quelles soient.
La culture et le tourisme, ne peuvent se soustraire à cette règle générale, sous peine d’être montrés du doigts par tous ceux qui n’ont plus de moyens décents de subsistance.

Malheureusement, le dernier Conseil d’Administration de la SPL “Le Voyage à Nantes” est loin de nous avoir rassuré.
A six mois de la prochaine biennale le Directeur de cette structure, est encore dans l’incapacité de nous présenter un programme définitivement bouclé, il évoque aussi d’ultimes arbitrages budgétaires, alors que son enveloppe budgétaire est fixée depuis longtemps.
Les recettes sont connues, globalement, par contre il semble que le coût des œuvres et des différentes manifestations n’est pas encore  établi avec précision.

Cette situation est paradoxale, car souvenez vous, cette biennale aurait dû se dérouler en 2011, elle a été reportée pour permettre la réalisation d’un événement de grande ampleur dans des conditions optimum de préparation. Je vous rappelle aussi, que ce retard a entraîné un surcoût très important pour notre collectivité.

Enfin, ce qui est inquiétant dans cette situation, c’est que tous les organisateurs d’événements de ce type, vous diront que normalement toute la programmation devrait être bouclée au moins un an avant sa réalisation. Ceci, afin de permettre de peaufiner les détails pratiques afférents à tout ce qui s’adresse à un très large public.
D’ailleurs on ne peut s’empêcher de considérer qu’il y a beaucoup d’amateurisme, dans la démarche de notre fameux directeur, car enfin, programmer deux fois le même artiste sur deux lieux différents, à l’occasion d’un même événement, cela ne fait pas très sérieux.

Intervention reprise dans Ouest-France du samedi 10 décembre.