Débat d’orientation budgétaire 2013

Intervention au Conseil Municipal de Nantes du 7 décembre 2012

Monsieur le Maire,

Les années précédentes, vous dénonciez la baisse continue de la part de l’Etat dans les ressources de la commune.                                                                                          Vous estimiez son désengagement responsable d’un manque à gagner cumulé de l’ordre de 23 millions d’euros depuis 2003, dont 2 millions d’euros en 2012.

Cette année, vous louez le « nouvel acte de décentralisation », imposé par le nouveau gouvernement, qui renforce la participation des collectivités locales à l’effort collectif de redressement des comptes publics allant même jusqu’à prévoir des baisses de 750 millions d’euros en 2014, puis 2015. C’est-à-dire une baisse du même ordre que précédemment en 2013 et une baisse sans doute 3 fois plus importante les 2 prochaines années.

Pourtant, certaines décisions de ce nouveau gouvernement, comme le réaménagement des rythmes scolaires grèveront lourdement le budget des communes (frais de personnel, repas, énergies, transports, etc.). Qu’elles seront les dépenses supplémentaires pour la ville de Nantes ? Comment pensez-vous les financer ?

Les finances de la ville de Nantes se sont améliorées. C’est vrai, mais en grande partie grâce à Nantes Métropole, la mutualisation permet à Nantes de se désendetter.

L’assiette est plus large. Mais, en fin de compte, c’est toujours le citoyen, contribuable communal et communautaire qui paie.                                                                             Or sa situation financière ne cesse de se dégrader, y compris pour celui qui a la chance d’avoir un emploi ou de posséder une petite entreprise ou un petit commerce. Il appartient à la classe dite « moyenne » et il paie des impôts de plus en plus lourds.

Vous n’augmenterez pas les taux, dites-vous. Cependant les « impôts ménages », la plus grande part des recettes de fonctionnement, près de la moitié, augmenteront quand même mécaniquement à cause de l’augmentation des bases, votées par un Etat si décrié jadis.

Il faudrait donc plutôt baisser les taux. Y êtes-vous prêts ? Car nous sommes toujours parmi les communes avec les taux les plus élevés.

Il faut impérativement faire des économies. Où les ferez-vous ?                                      Pas sur les dépenses de fonctionnement qui augmentent légèrement plus que les recettes.                                                                                                                          Sur les investissements ? Que nous devons pourtant maintenir à un niveau élevé.

A moins que vous ne vous décidiez à mieux gérer certains dossiers, comme par exemple, celui du Musée des Beaux-Arts, ou à faire des économies sur les lampadaires de la place Graslin ou sur le miroir d’eau du square Mercoeur.

Je remarque d’ailleurs que vous ne présentez aucune orientation chiffrée dans les politiques publiques.

BONNE ANNEE 2012

Que cette nouvelle année me permette de répondre le mieux possible aux attentes des nantais.

Dans le contexte économique actuel, mes activités d’élu, seront placées sous le signe du devoir renforcé de solidarité vis à vis de nos concitoyens les plus fragiles.

J’exercerai donc, une vigilance accrue,  pendant toute l’année à venir, sur les dépenses de notre collectivité. En effet, nous sommes en droit, compte tenu des circonstances,  d’exiger de la majorité municipale une meilleure gestion de vos impôts.

Ainsi, on peut se poser la question de savoir s’il était vraiment urgent de se lancer dans des opérations d’aménagement très coûteuses, comme celle de la place Graslin (lampadaires à 350 000 euros pièces n’ayant aucun rapport ornemental avec l’architecture de Crucy), ou celle du square Elisa Mercœur (là, on coupe des arbres anciens qui ne coûtaient rien à la collectivité pour les remplacer à grands frais par de nouveaux sujets). Sur le même projet, l’urbaniste Bruno Fortier a obtenu  l’accord de la Ville pour la réalisation d’un “miroir d’eau” à 2,5 millions d’euros.
Ces goûts de luxe, dont un des mobiles est d’impressionner les électeurs avant l’échéance municipale de 2014, sont inacceptables en pleine crise économique.

Que penser aussi du traitement de faveur réservé aux grands groupes internationaux de promotion immobilière (Carré Feydeau, projet immobilier sur le site des petites sœurs des pauvres, etc.). N’oublions pas que la densification urbaine voulue par le Maire, se fait avant tout à leur profit, ce qui est inadmissible.

Enfin, les dépenses de communication de la Ville et des organismes qui en dépendent, ont atteint un seuil indécent au moment où tous les nantais voient leur qualité de vie diminuer.

Je déploierai donc toute mon énergie dans les prochains mois, afin d’obtenir de la majorité municipale, qu’elle recentre ses priorités sur l’amélioration de la qualité de vie quotidienne de tous les nantais.
Vous serez bien sûr, les premiers informés des démarches que j’aurai entreprises et des résultats que j’aurais obtenus.

AU MOINS LES FAÇADES DE CRUCY SONT INTACTES !

Deux images du projet parues dans la Presse.

Comme pour le cours des 50 Otages, la place Bretagne et la place Royale, le nouvel aménagement de la place Graslin dévoilé depuis peu aux Nantais, est sans aucun doute appelé à un grand succès populaire.

Si l’architecte, Monsieur Yves Steff, n’a rien renié de son grand style minéral, il apparait ici presque « échevelé » : sans surprise la suppression du trafic automobile, plus étonnant en revanche l’installation de jeux d’eau et de luminaires rococo. Que ceux qui redoutent l’irruption d’une fontaine de Trevi ruisselante et géniale au pied des marches du théâtre  se rassurent : l’inspiration est « Années 60″ pour le bassin et « Belle Epoque » pour les luminaires (le lustre 1900 de la salle de spectacle!). Un compromis bien nantais donc …

Une fois de plus, Nantes s’affranchit avec désinvolture de tout ce qui, face au patrimoine, dans d’autres villes probablement plus timorées (Rennes, Bordeaux, Salamanque, Rome, etc…), bride et contraint : la préservation maniaque et la restauration méticuleuse de tout ce qui est d’origine, la référence constante à l’Histoire aidée par l’archéologie pour tout ce qui a disparu, et enfin la prise en compte impérieuse de la ville latine, de son pouls, de ses flux, de ses fièvres.

Après ce nouvel opus et pour terminer le « relookage » de Nantes, il restera une dernière place à traiter : la place St-Pierre. Gageons que ce sera pour Monsieur Steff un point d’orgue magistral !

Envoyez-nous vos projets de la place Graslin : nous les publierons sur la page du blog.

Place Graslin à Nantes

PLACE GRASLIN,  DES AMENAGEMENTS URBAINS A SURVEILLER

Œuvre de Crucy demeurée quasiment intacte depuis sa construction, à la fin du XVIIIe siècle, elle mérite bien un traitement particulièrement respectueux de sa dimension patrimoniale. C’est pourquoi il faudrait s’appuyer entre autre, sur les représentations  anciennes dont nous disposons, pour procéder intelligemment à son réaménagement. D’ailleurs, puisque la Ville a décidé, à juste titre de desserrer l’étreinte de l’automobile sur ce site, rien ne s’oppose plus à le rétablir dans ses dimensions, patrimoniale, culturelle et conviviale, originelles.

Ceci étant, à Nantes tout est possible en matière d’aménagement des places historiques,  le meilleur comme le pire. Ainsi la place Sainte Croix, récemment rénovée et pourtant intacte, voisine avec des places ayant fait l’objet d’interventions hâtives et déplacées, nous pensons en particulier à la station bus way de la place du maréchal Foch et au parvis rudimentaire construit place Saint Pierre.

A l’heure où nous décidons de consentir des efforts renforcés pour développer le tourisme à Nantes, il est crucial de préserver l’authenticité de cet ensemble architectural. Les nantais, qui aiment leur ville doivent aussi être entendus.