TEMOIGNAGES SUR LES BOMBARDEMENTS DU 23 SEPTEMBRE 1943

La rue Contrescarpe le jour de la Libération.

La rue Contrescarpe le jour de la Libération.

Le lundi suivant, le 23 septembre, toute ma famille maternelle finalise l’emballage des objets et des meubles auxquels ses membres sont le plus attachés. Un cousin transporteur vient de stationner son camion en face de la porte de l’immeuble de la rue Contres-carpe, afin de procéder au démé-nagement.

Un peu plus loin dans la rue, à deux pas de la place du Bon Pasteur, des voisins ont eu la même idée, en principe ce soir,  les deux chargements seront mis en sécurité dans un village du Maine-et Loire.

Soudain, alors que les dernières caisses viennent d’être descendues, l’alerte retentit, cette fois ci pas question de se réfugier dans le couloir de l’immeuble, il existe heureusement  une cave voutée dans l’immeuble des demoiselles B. situé juste en face dans le bas de la rue Rubens; toute la famille, s’y réfugie haletante, à l’exception de la tante violonniste qui les rejoint au moment même où les explosions se rapprochent.

A chacune d’entre elles la mort semble inéluctable, jusqu’au moment du paroxisme : un sifflement suivi immédiatement d’un souffle qui semble faire éclater les poumons, puis le bruit assourdissant d’un immeuble qui s’effondre.

La demi-pénombre qui régnait dans cette cave a laissé la place au noir le plus total, le soupirail qui les reliait au monde extérieur vient d’être obstrué et pour comble de malchance la voute craque et semble vouloir céder sous le poids d’une pression irrépressible.

Ma mère, pleure, elle reproche à ses parents de ne pas avoir quitté plus tôt cet enfer; que sont les biens matériels en comparaison de la vie ! Mon grand père, reprend ses esprits, il a prévu ce risque d’éboulement, il commence à actionner de longues tiges de fer et à dégager une ouverture, on respire un peu mieux. On s’extirpe à grand peine de ce qui aurait bien pu constituer un cercueil familial, que va t’on découvrir  en arrivant dans la rue? Par chance l’immeuble du 6 est intact et miracle le camion aussi, même pas une vitre ou un phare de brisé !

Le cousin de la campagne n’a plus qu’une idée, fuir cette grande ville vouée à la destruction et à la mort, mais les blessés affluent, il faut les transporter de toute urgence à Saint Jacques, encore debout. Le problème c’est que la plupart des artères du centre ville sont obstruées par les gravats, il faut des heures pour sortir de ce labyrinthe ! Lorsque l’on s’éloigne de Nantes, la lueur des incendies ( les grands magasins Decré sont en flamme) glace le sang.

Tout le monde n’a pas eu cette chance là, au bout de la rue, les voisins qui déménageaient pleurent devant l’emplacement recouvert de gravats, où doit se trouver leur camion, leur immeuble est intact, mais tout ce qu’ils avaient de plus précieux est détruit !

Ce soir là, toute la famille épargnée, s’est repliée dans une petite maison de campagne située à la Trémissinière, à deux pas de la DCA Allemande, c’est très bruyant !

Après tous ces événements dramatiques, on comprend bien, que moins d’un an plus tard, les nantais, encore sur place se soient galvanisés pour fêter la Libération. La rue Contrescarpe ne fait pas exception, les photos ci-jointes en sont la preuve flagrante.

Une réflexion au sujet de « TEMOIGNAGES SUR LES BOMBARDEMENTS DU 23 SEPTEMBRE 1943 »

  1. Je recherche un ou des articles relatant le passage des aviateurs Guitteny et bosc ildebert sur Paris à la libération, on doit retrouer bosc pour des actes moins reluisants dans les colonnes des journaux locaux de l’époque de fin de guerre et d’après guerre. Merci

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